blancs_manteaux_bis_enceinteLa fondation des Blancs-Manteaux. L'église des Blancs-Manteaux se situe entre la rue des Blancs-Manteaux (n°12) et la rue des Francs-Bourgeois. En 1258, saint Louis permit à l'ordre mendiant des Servites de Sainte-Marie (fondé par sept riches marchands laïcs florentins en 1233) de s'y établir et d'y créer un couvent, jouxtant la muraille de Philippe-Auguste (représentée en rouge ci-contre sur la plan de Bâle, vers 155, où le nord est à gauche, et par le trait noir épais sur le plan actuel ci-dessous) : "revint un autre maniere de freres que l'en appèle l'ordre de Blans Mantiaus, et requistrent au roy que il leur aidast que ils peussent demourer à Paris. Le roy leur acheta une mèson et vieilz places entour pour euls heberger, delez la viex porte du Temple à Paris" (Jean de Joinville, Histoire de Saint Louis, Paris, Firmin-Didot, 1859, p233). Les membres de cet ordre portaient sur leur habit un manteau blanc en l'honneur de la virginité de Marie, d'où le nom qui leur fut donné.

L'ordre passe aux Guillemites. En 1274, l'ordre fut suspendu par le IIe concile de Lyon qui cherchait à limiter le nombre des nouveauxImage_3ordres mendiants. Le couvent parisien passa alors à l'ordre des Guillemites (ou Ordre de Saint-Guillaume) fondé par Guillaume de Malavalle (+1157), dans la province de Grosseto en Toscane, approuvé par le pape en 1211. D'où le nom de rue des Guillemites donnée à la ruelle perpendiculaire à la rue des Francs-Bourgeois. En 1334, les Guillemites furent autorisés à percer une porte dans l'enceinte afin d'accéder à leur couvent. L'église, consacrée en 1397 en présence du roi Charles VI, était alors parallèle à la rue des Francs-Bourgeois (visible ci-dessus sur le plan de Paris de Truschet et Hoyau, dit plan de Bâle, vers 1550 ; le nord est à gauche) ; les bâtiments conventuels occupaient en partie l'actuel square Victor Langlois.

La reconstruction sous les bénédictins de Saint-Maur. En 1618, le couvent passa à la congrégation des bénédictins de Saint-Maur, célèbre pour ses travaux historiques d'une grande blcs_manteaux_fa_adeérudition, et dont la maison-mère se trouvait à Saint-Germain-des-Prés.Les Blancs-Manteaux devinent un important centre d'études de l'ordre. De 1685 à 1690, on reconstruisit le couvent. L'église fut alors édifiée dans sa disposition actuelle, perpendiculairement à la rue des Blancs-Manteaux. Pendant la Révolution, la congrégation des Mauristes fut dissoute, le couvent et l'église, vendus. En 1801, l'église fut racheté par la ville de Paris qui la rendit au culte. La façade actuelle était originellement celle de l'église de Saint-Eloi des Barnabites, sur l'île de la Cité ; détruite par les travaux d'Hausmann en 1863 l'architecte Baltard en remonta la façade (datant de 1703) aux Blancs-Manteaux.

La destruction du couvent. En 1802, on perça la rue des Guillemites le long du flanc est de l'église, et on rasa pour cela une partie des bâtiments conventuels. Ce qui restait des bâtiments conventuels, l'aile orientale, fut détruit en 1929 pour créer un immeuble, détruit à son tour en 1944. On y aménagea un square entouré d'immeubles (construits en 1955), l'actuel square Victor Langlois ; la partie nord de la rue des Guillemites fut alors supprimée (ne subsista plus sous ce nom que la partie de la rue au sud de la rue des Francs-Bourgeois). Il ne reste aujourd'hui du couvent que le presbytère de l'église. La fontaine qui se trouve aujourd'hui dans le square, accolée au flanc est de l'église, date de 1705 et se trouvait à l'origine sur la rue des Francs-Bourgeois, devant l'aile orientale du couvent.

 

Bibliographie

Danielle CHADYCH, Le Marais, évolution d'un paysage urbain, Paris, Parigramme, 2005.

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