b_guines_enceinteLa fondation du couvent. En 1264, saint Louis installa une communauté de béguines dans le Marais : "Et fist em plusuers liex de son roiaume mèsons de beguines, et leur donna rentes pour elles vivre, et commanda l'en que en y receust celes qui vourroient faire contenance à vivre chastement" (Jean de Joinville, Histoire de Saint Louis, Paris, Firmin-Didot, 1859, p232). Leur maison était située entre les actuelles rue Charlemagne au nord, rue du Fauconnier à l'ouest et rue de l'Ave-Maria au sud (voir plan ci-contre). Leur couvent était adossé à l'est à l'enceinte de Philippe-Auguste (représentée par un trait noir épais sur le planImage_1 ci-dessus). Aux siècles suivants, les bâtiments du couvent englobèrent cette partie de la muraille, ce qui explique que cette portion de l'enceinte de Philippe Auguste est aujourd'hui l'une des mieux conservées, visible depuis la rue des Jardins-Saint-Paul (photo ci-contre).

La vie du couvent. La communauté des Béguines accueillait des femmes laïques (parfois avec leurs enfants) qui, sans prononcer de voeux, souhaitaient mener une vie pieuse et dévote. L'absence de clôture et d'habit leur permettait de travailler à l'extérieur du couvent, notamment dans l'artisanat. Le nombre des béguines s'élevait à 400. Elles étaient dirigées par une "maîtresse" nommée par l'aumônier du roi. Le couvent réunissait une église et les maisons des béguines. L'entrée de ces maisons sur la rue était condamnée. Chacune était habitée par deux béguines au moins. Les plus pauvres logeaient dans un bâtiment commun au chevet de l'église, parallèle à l'enceinte. Dans ce bâtiment, le rez-de-chaussée était occupé par une salle de réunion et par le réfectoire tandis que l'étage servait de dortoir. Le couvent abritait une infirmerie et une école pour les enfants filles dont les mères étaient devenues béguines.  

Image_3Le couvent de l'Ave-Maria. Au XVe siècle, le nombre de béguines s'était très largement réduit. En 1461, Louis XI décida de les remplacer par les religieuses du Tiers-Ordre franciscain et la communauté prit le nom de couvent de l'Ave-Maria (visible ci-contre sur le plan de Truschet et Hoyau, dit plan de Bâle, vers 1552 ; le nord est à gauche). En 1482, le couvent fut donné aux religieuses de l'ordre de Sainte-Claire. Il fut supprimé en 1790 et devint un caserne, puis en 1857 un marché. A la fin du XIXe siècle on y construisit une école. L'emplacement est aujourd'hui en grande partie occupé par l'annexe du lycée Charlemagne. 

 

Bibliographie :  

Philippe LORENTZ et Dany SANDRON, Atlas de Paris au Moyen-Age, Paris, Parigramme, 2006.

Danielle CHADYCH, Le Marais, évolution d'un paysage urbain, Paris, Parigramme, 2005